P.E.M EXPERTE EN RIEN

Sous le nom de Perrine en morceaux, je fais des chansons. Je joue à trouver ce que ‘pop’ pourrait bien aussi vouloir dire.
La répétition est à la fois l’opération première de ma musique et son ennemi n°1.
Je conçois une chanson comme une arme artisanale, avec plus ou moins de pièces à assembler, à l’usage de tous. Ce sont des chansons qui refusent de céder au temps.


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RIEN Lentonia Records [2015]

Concept album d’une intensité rare dans le monde de la pop, RIEN déploie 46 minutes épiques et ininterrompues de chansons sauvages et engagées. Sur fond de paysages accidentés, de sons de piano déglingué ou de machines agricoles, PERRINE EN MORCEAUX scande son chant d’une voix profonde et directe qui rappelle les premiers souffles d’une Catherine Ringer ou d’une Nico. Poétesse échevelée et déterminée, elle écrit des textes en français et en anglais qui gagnent en profondeur à mesure qu’on les écoute et qui évoquent l’intelligence critique d’une Laurie Anderson.
RIEN invite à laisser de côté ses oreilles habituelles, à accepter que le temps bascule, que les mélodies et les idées procèdent par bonds, que les chansons fondent les unes dans les autres et forment un tout étrange. Loin des productions léchées qui prévalent en électro, la matérialité du son et ses influences non-dissimulées inscrivent le disque dans une lignée indus-kraut (Throbbing Gristtle, Einsturzende Neubauten, Nurse with wound…), allègrement mélangée avec des polyrythmies et des sonorités afros à la Konono n°1. L’approche expérimentale lo-fi propre à la musique de PEM, composée pour machines hardware (no computer), Casio SK1, mbira et voix, ne saurait décrire à elle seule la teneur hybride du disque. Au fil des morceaux, l’album creuse un sillon de plus en plus pop jusqu’aux deux derniers morceaux, radiophoniques et d’une efficacité redoutable.
RIEN est sans nul doute quelque chose : un album solo D-I-Y et maximaliste qui soumet le présent à l‘épreuve de la chanson, et non l’inverse.
Lentonia Record

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INTERVIEW par La Superette [Neufchatel|Suisse]

[LS] Tu vois les chansons comme des « armes artisanales »: milites-tu pour quelque chose?
[PEM] Je fabrique des formes, dans P.E.M ce sont des chansons, qui n’ont d’autre but que de produire de la résistance, sans objet déterminé, comme opération pure et comme acte jouissif. C’est un peu de la musique masochiste. ça veut en chier un peu pour mieux jouir. C’est ni simple, ni immédiat. La pop des 60-70′s avait un ennemi identifiable, c’était le temps des idéologies. Aujourd’hui l’ennemi c’est quelque part la pensée pop, c’est le pouvoir arbitraire du sens commun, celui que nourrissent constamment nos propres présupposés. Nos cerveaux marchent en tautologie permanente sur fond de « être libre ? euh… c’est ce que je suis ». Je tente de lutter contre un monde sans autre horizon que lui-même, sans autre perspective que sa propre répétition à l’identique. En musique ça sonne comme de la pop sur laquelle on peut danser en ignorant la plupart du temps sur quel pied. J’aime les musiques expérimentales et j’aime expérimenter avec la pop. Pourquoi la musique expérimentale devrait-elle demeurer hors de toute convivialité, hors incarnation et hors popularité ?
[LS] Féministe?
[PEM] Comment ne pas l‘être? 4% des musiques que l’on entend sont composées par des femmes, 95% des orchestres, 89% des institutions musicales, 96% des directeurs d’Opéra sont dirigés par des hommes. Alors que les élèves des écoles de musique sont majoritairement des filles, les femmes sont très minoritaires parmi les musiciens professionnels.
(plus de mots dans la section PRESSE ci-après)

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RADIO////////////////////////////////////////

Les séries Musicales d‘été: l’Air Rebelle (5/5), De Brest à Marseille |18/08/17 | podcast
Le nouveau rendez-vous de Laurent Goumarre (France Inter) | 10/05/16 | podcast
Backstage invitée par Aurélie Charon (France Culture) | 11/04/16 | en podcast
Tapage Nocturne invitée par Bruno Letort (France Musique) | 12/09/13 | en postcast
L’Atelier Intérieur invitée par Aurélie Charon (France Culture) | 04/06/12 | en podcast
Encore un matin (France Inter) en podcast | 02/01/12 | chronique de L.Peuron
Downtown (France Inter) invitée par Laurence Peuron | en podcast | 26/12/11
La Vignette invitée par Aude Lavigne (France Culture) | 1/11/11 | en podcast
Downtown (France Inter) en podcast | 14/11/11 | chronique de L.Peuron


PRESSE FR////////////////////////

ELLE magazine (dec 2016)

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RREVERB.COM (dec 2016)

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ELECTROPHONE (juin 2016)
Par Hadrien Wissler

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TELERAMA (mai 2016)
Par François Gorin

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GOÛTE MES DISQUES (mai 2016)
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Il est assez fascinant de voir ce qui peut être développé pour engager une nouvelle relation. Si les plus confiants n’ont généralement pas beaucoup de mal à engager leur processus de parade amoureuse (timing et phrases accrocheuses compris), les plus mongols dans cet exercice peuvent avoir recours à des procédés complètement retors pour tenter d’arriver à leurs fins – et l’accent est bien mis sur la tentative d’arriver à quelque chose. Le grand classique quand on envisage les dix derniers centimètres avant un baiser comme un trajet Paris-Londres consiste à calibrer des rencontres apparemment fortuites, donner toutes les apparences de normalité à de grandes œuvres de calcul interne, de manière à pouvoir s’exprimer dans les meilleures conditions. Ce concert de Perrine En Morceaux n’était finalement que ça, qu’une grande opération de (tentative) de séduction, l’occasion rêvée de pouvoir faire des blagues un peu bizarres une bière à la main, seule à seul.
Parce que je dois à la vérité de dire que la sortie de Rien est passée à des kilomètres de mon actualité, et que je n’ai aucune connaissance de cette vague indie franco-française, qu’elle soit électronique ou non, qu’elle assume plus ou moins sa coolitude de cartonner parmi les petits (de Heimat à Cheveu en passant par La Féline, EDH, Hypo, Ventre De Biche, Violence Conjuguale, Jessica 93,…). En un mot comme en cent, ce soir-là j’étais là pour ajuster une cible mouvante, pas pour écouter de la pop électronique artisanale. Pourtant toute cette histoire trouve son intérêt ici puisque la musique de Perrine Bailleux n’est en rien détachable de l’expérience live qu’elle fait vivre. Du genre de musicalité instable qui ne sait se répéter deux fois de manière totalement identique. Ce concert était de très bonne facture et s’est rapidement dégagé comme un moment véritablement marquant de notre première moitié de 2016.
Je ne sais pas ce qui me plait tant chez Perrine En Morceaux. Cette fascination vient peut-être de mon amour des choses artisanales, de l’incertitude, de la poésie revigorante un peu fastoche mais efficace ou alors tout simplement ma passion indélébile pour les divas qui stimulent mes envies de poses gothiques (voire puputes) tout en jouant avec un certain swag punk – après tout, il serait facile d’en faire le parfait mélange entre The Knife, Mylène Farmer et Christine & The Queens, le tout sur une musique de Gang Gang Dance. Tout cela excite mes sens, ravive mes clichés de féminisme bubblegum, de musiques au militantisme de mousse.
Je sais pourtant que Perrine En Morceaux joue sur le fil, cartonne autant qu’elle risque sa peau au jeu du quitte ou double. Le franglais, les poses franciliennes ou la naïveté d’une DIY-pop un peu en marge sont autant d’éléments qui feront de Rien un potentiel disque de chevet ou alors le truc le plus irritant entendu ces derniers mois. Le concept-même du disque qui ne transige pas, et c’est tout à son honneur par les temps qui courent. Et je ne dis pas cela car il m’a permis de passer deux heures avec une gonzesse à tomber de sa chaise.

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LONGUEUR D’ONDES (mars 2016)
Par Jean Thooris | ici

À l’instar du célèbre « Ceci n’est pas une pipe » magrittien, ceci n’est pas vraiment une collection de chansons. Néanmoins, cassée et fragmentée, cette pop mutante, tout en évitant l’écueil du refrain, agrippe et émeut. Chimiste chamanique, l’artiste entremêle, au sein d’un même titre, électro, brouillage sonore, français et anglais, voix sortilège et chant voluptueux. Moins macabre qu’une Nico (à laquelle on pense ici parfois), cette expérimentatrice tentatrice ne se laisse pourtant guère enfermer dans le piège de l’installation arty. Elle conceptualise avec un grain de folie, échafaude une suite de pièces très visuelles en fracassant les enceintes du musée. L’antinomie permet toute absence de cloisonnement : l’album affirme le « rien » alors qu’il y a beaucoup à entendre ; en lieu et place du sexe féminin vu par Courbet, un postérieur masculin nargue l’auditeur ; une rythmique dansante succède à une mélopée messianique ; VO et VF se heurtent. Exquises esquisses, branque carambolage.

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MILLEFEUILLE.COM (mars 2016)
par Sébastien D. | ici

Rien est le troisième album de la parisienne Perrine Bailleux, aka perrine en morceaux. Il sort début mars sur le label tout féminin Lentonia Records. Le premier titre de l’album, Arbitrary Signs, n’a rien à envier à toutes les sorties récentes de Blackest Ever Black.

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FOUTRAQUE.COM (mars 2016)
par Paskal Larsen | ici

Après deux années d’aventures artistiques hors de la scène musicale, Perrine en Morceaux revient avec son album Rien, qu’elle n’avait pas pu éditer en 2012. Grace à l’excellent label féminin Lentonia, l’album est enfin disponible. Et attention, le jour de sa sortie n’est pas anodin, car c’est le 8 mars, journée de la femme, que Rien paraît, dans toute sa nudité, à l’image de sa pochette qui représente des fesses. Comme L’Origine du monde de Gustave Courbet, cette peinture ne devrait pas laisser indifférent.
Avec une telle pochette (ainsi que le titre de l’album et le nom de l’artiste), vous imaginez bien que Perrine en Morceaux est une femme singulière. Elle flirte avec la musique, l’art contemporain, la performance, l’art visuel en y apportant des petites graines qui leur donnent des ailes pour faire pousser de belles idées. Son premier disque, qu’elle considère son album n°0, Essais Emission (2009) est un CD-R fait-main, l’album qui suit en 2011, Contre Le Futur est sorti en clé USB avec la forme d’une pilule (forme qui devrait plaire à Dana Wyse). Soit de l’artisanat en mode Do It Your Self.
Musicalement, Perrine en Morceaux mélange avec grâce, sensibilité et hargne le son électro, l’indus, la cold wave, l’ambiant et la chanson en anglais et en français. Entre l’intimité, l’expérimental et le son « clubbing », l’univers sonore de Perrine casse les murs en 1000 morceaux pour en extraire le meilleur et voir par derrière (je ne parle pas de la pochette), Je Est Un Chien (3ème titre) et 48h Avant La Révolution (11ème titre) passer à l’action. Entrer dans Rien, ce n’est pas rien, c’est pénétrer dans le monde en couleur de Perrine, pas complètement en morceaux. Car ici on n’est pas dans un chantier, ou avec quelqu’un de malade et décomposé. Non Perrine est bien « entière » et nous propose d‘écouter sa musique captivante qui devrait donner de la vitesse à l’escargot, le logo de Lentonia Records. Allez, n’attendez plus, la galaxie de Perrine en Morceaux vous attend !

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LIBERATION (18 mars 2013)
par C.Losson, G.Renault, S.Fanen | ici

Perrine en morceaux Mélodies-psaumes radicales
Il était grand temps qu’un festival installé vienne révéler la musique de la Parisienne Perrine Bailleux, alias Perrine en morceaux, repérée depuis 2009 mais encore trop méconnue. A l’occasion des Femmes s’en mêlent, elle viendra présenter son nouveau spectacle, Rien, qui s’est rodé ces derniers mois en prenant une amplitude qui devrait secouer le public du Divan du monde, avant de devenir un album dans les mois à venir.
Perrine en morceaux joue deux albums produits en toute autonomie (Essais émission et Contre le futur), avec des chansons industrielles montées à coup de sampler et de boîte à rythmes, des instruments qui lui servent autant à pulser des mélodies-psaumes qu’à occuper peu à peu tout l’espace sonore disponible. Associée sur scène à un travail sur l’immersion par la vidéo, cette musique rejoint directement les rangs des concerts-expériences pensés par la vague indus des années 80 (Throbbing Gristle, bien sûr, Nurse With Wound, jamais bien loin), puis les chansons conceptuelles de Laurie Anderson et le travail plus récent de l’Argentine Juana Molina.
Comme chez cette dernière, les textes se fondent peu à peu dans un magma dense, un épuisement des sens réjouissant pour qui accepte de sortir un instant de la formule classique du concert. Tellement qu’on se demande si cette dynamique personnalisée sur scène par la musicienne, seule derrière ses machines, parviendra à passer la barrière du disque.

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LE TEMPS MACHINE
par Fred Landier aka Rubin Steiner | Présentation du concert du 22/03/13

“On se demande ce que c’est un morceau de Perrine, car la jeune fille est plutôt entière dans son propos, dans sa musique, son intention et, surtout, dans son implication. Un pied dans la musique “innovante”, et un autre dans l’art contemporain (peut être s’en défendra-t-elle), Perrine en morceaux semble vouloir prendre la suite – et on adhère à 100% – de cette famille de musiciens extrême(ment) singuliers qui inventent de nouvelles formes et sont clairement tournés vers le futur – l’inverse donc de tout ce que raconte Simon Reynolds dans son livre Retromania – quitte à tourner le dos aux formats en vogue. Evidemment, on n’est pas étonné que Perrine affirme aimer Autechre, Colin Stetson, Pan Sonic, Laurie Anderson, Alva Noto, Pj Harvey, Scout Niblett, Neubauten, TG, Gablé, Death Grip ou This Heat. Du bruit, de l‘émotion, des tripes, des visions, de l’invention, et des militantismes à peine cachés. Basé sur des boucles accidentées, des nappes électroniques et sa voix comme matière première, son nouveau live est présenté comme un opéra krautpop dense en multidiffusion, et elle-même décrit ses chansons “comme une arme artisanale contre le futur qu’on nous vend et pour celui qu’on nous vole, avec plus ou moins de pièces à assembler, et à l’usage du contingent“. Perrine en morceaux (de bravoure) n’a que faire de l‘étiquette “musique expérimentale” qu’elle risque de se faire coudre au revers du col : sa seule présence sur scène suffit à tomber sous le charme et accepter de se faire (un peu) brutaliser, entre deux caresses et une poésie de la mise à nu. Une classe indéniable, une musique qui ne laisse pas de marbre et des textes qui marquent. Powerdove et P.E.M, une soirée vraiment cohérente donc. Riot girl.”

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AUFEMININ.COM (2013)
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MOUVEMENT.NET (Fev 2012)
par Marion Estimbre | ici

(…) Sans conteste, Perrine en morceau est bien l’artiste phare de cette soirée. Proche de l’expérience bruitiste, sa musique n’est pas à mettre dans les oreilles les plus fragiles. Rien est un solo défrisant, également le titre éponyme de son dernier album (sorti en décembre 2012). Très immersive, cette pièce expérimentale tant sensorielle que visuelle, où des images, extraites d’une sélection de vidéos de l’artiste Megazord sont mises bout à bout et projetées à vitesse éclair. L’atmosphère cotonneuse de ce sous-sol confiné trouble la perception et contribue à rendre l’acte performatif plus dense encore. Perrine y secoue sa crinière blonde, de la même intensité et avec autant de cran qu’elle donne de sa voix mélodieuse et balance sa musique. Cette dernière est fabriquée au moyen de samplings provenant des enregistrements d’objets courants ou encore d’instruments déglingués. Autodidacte, la performeuse qualifie son univers de « bricolage sonore opéra kraut-pop solo ». « Je conçois une chanson comme une arme artisanale avec plus ou moins de pièces à assembler, à l’usage et au nom du Contingent. » Elle poursuit : « Ce sont des chansons qui refusent de céder à leur temps. »

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INTERVIEW DE P.E.M DANS INTERLIGNAGE (Nov 2011)
par Thomas Sinaeve | ici

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ARTICLE BETC MUSIC sur CONTRE LE FUTUR (Dec 2010)
par Philippe Brandt | ici

Le deuxième album de Perrine en morceaux, elle le vend sur une clé USB. En forme de capsule “contre le futur”. Avec une notice d’utilisation, comme un vrai médicament. On ouvre le petit sachet, on sort la capsule, et on se demande un peu ce qui va se passer. Dès les premières notes de “not a big deal”, l’atmosphère qui s’installe est difficile à palper, et encore plus à décrire.
La musique de Perrine, disons que c’est un tissu de sons et de mots issus d’un sampler et d’une voix filtrée à travers quelques effets. De la musique minimale, audacieuse, où la voix, déformée, s’empile sur elle-même, avec une ossature rythmique faite de bruitages. De la musique liquide, flottante, dense malgré le dépouillement. Les textes, en Français et en Anglais, sont tour à tour impénétrables, poétiques et crus. La voix est omniprésente, déformée, démultipliée, parfois chuchotée, parfois stridente, toujours à la limite du dérapage.
Tout ceci pourrait être stérile ou prétentieux mais c’est tout le contraire. Derrière ses boucles d’elle-même, derrière sa couche d’effets électroniques, c’est une personne qui se confesse, sans que l’on sache bien à qui, imposant à l’auditeur une intimité troublante. Perrine se livre à ses machines, et nous, on écoute. Cette étrange musique, cette voix tendue, ce sentiment d’impudeur d’un bout à l’autre, font de “Contre le futur” un album oblique et inconfortable, radicalement personnel, une découverte précieuse.

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CHRONIQUE LONGUEUR D’ONDES n°56 (OCT-DEC 2010) sur ESSAIS EMISSION
par Serge Beyer | ici

Cherchez pas, vous n’avez jamais entendu ça. Le seul rapprochement possible serait le son de voix de Sinéad O’Connor. Ou de Bjork. Et leur rebel-attitude peut-être aussi. Et encore. Cette Perrine-là est perchée sur une galaxie encore non explorée. Peut-être pas très loin de celle de Camille… « J’aime les orties dans mon jardin, y’en a qui hurlent, qui crient, eh ben moi j’sens rien, je fume des orties dans mon chagrin » prévient-elle dans l’un des rares titres en français de cet ovni de 11 titres. Lenscinant, électro-bruitiste, minimaliste, harmonique, l’objet laisse les yeux écarquillés, les sens en alerte et l’âme ouverte. « Chercher des manières de dire le programme d’une révolution, qui ne peut être qu’intime. Et les détruire. » tel est le crédo de la miss. « J’expérimente en son et en mots avec 1 tête, 2 machines et 3 micros. » On comprend mieux la démarche. Ou pas. Qu’importe, c’est un vent nouveau qui souffle enfin ; et déjà un deuxième album va débarquer, mais c’est une « pilule contre le futur» exclusivement sur clé USB. Vivement la collusion scénique !

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ARTICLE LONGUEUR D’ONDES n°57 (JAN-MARS 2011)
par Samuel Degasne | ici et


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CHRONIQUE ETHERREAL JUIN 2009 sur concert @ la Société de Curiosités, Paris
par Fabrice Allard | ici

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CHRONIQUE AGIR EN PICARDIE MAI-JUIN10 sur ESSAIS EMISSION
par Pascal Duval
« Punaise, c’est concept ! », entre étonnement et admiration, tel fut le commentaire émis par une spectatrice lors d’une récente prestation de Perrine en morceaux. Cette jeune artiste fixe les potentiomètres sur concessions zéro, prise de risques maxi, show arty et sonorités inconfortables. Enfant, Perrine écoutait les portes grinçantes de Pierre Henry ! Ne nous étonnons pas, sur ce premier disque baptisé ESSAIS EMISSION, de l’entendre cultiver répétitions ou accidents sonores, dissonances et sonorités electro-organiques. Perrine compose, joue seule… en scène elle assure le show la loop station* en bandoulière. Perrine en morceaux c’est aussi une voix capable de « tenir » les notes aigus, un vibrato évoquant Sinéad O’ Connor. Un chant litanique, incantatoire qui convoque les reines gothiques, Nico et Lisa Gerrard. Comme venue du fond des âges cette voix lumineuse emplit l’espace, et confére aux mélopées de Perrine un pouvoir onirique et hypnotique. Soyons fierts d’abriter de tels artistes à tête chercheuse !